31 mars 2012 • Peintures de Dom Angelico Surchamp à Evry

Du 31 mars au 13 mai 2012 : «Itinéraire d’un passeur de beauté», peintures de Dom Angelico Surchamp, Agence Nationale pour les Arts Sacrés, cathédrale d’Evry.
 
«Les célèbres ouvrages sur l’art roman des éditions Zodiaque n’ont pas été voulus à l’origine par Dom Angelico Surchamp. Ces livres, qui feront sa réputation, ne sont en fait que des « produits dérivés » du projet éditorial initial qui lui tenait à coeur : la revue Zodiaque. Le premier numéro de ces cahiers, daté de 1951, annonçait le programme et la véritable ambition du moine-peintre. Intitulé « Deux notes sur l’art abstrait », il consistait en un ardent plaidoyer pour l’abstraction, montrant qu’il existait un accord fondamental entre cet art et les arts « primitifs », qu’ils soient nègre, d’Océanie, gaulois ou… roman. Ce qui intéresse Dom Angelico dans l’art roman – vu comme l’âge d’or de l’art primitif chrétien – c’est d’y trouver un art frère, propre à assurer, enrichir et légitimer ses efforts et ses recherches de peintre abstrait. Disciple appliqué des théories de Gleize, l’art roman est pour lui fondamentalement « Rythme » et non-figuration (l’éventuelle figuration de l’iconographie romane n’étant que seconde, pour ne pas dire secondaire). Cela ne sera pas sans conséquence sur l’image que les lecteurs des livres Zodiaque se refont de l’art roman. La première monographie d’une église romane fut consacrée à la cathédrale d’Autun. Elle inaugurait une série de la revue Zodiaque intitulée « Les travaux des mois ». Après cinq de ces cahiers traitant de monuments romans bourguignons, l’idée vint de les regrouper en un ouvrage relié, intitulé Bourgogne romane. C’est ainsi que paraissait en 1954 le premier ouvrage de la collection « La nuit des temps » qui allait faire la renommée de Zodiaque. Si le monde reconnaît aujourd’hui en lui le spécialiste de l’art roman, Dom Angelico se voit d’abord en peintre et en créateur d’art sacré. L’art abstrait est essentiellement religieux, n’a-t-il cessé d’affirmer. La non-figuration nous rend le sens du mystère, du caché, du sacré. Aujourd’hui, certains chrétiens pensent encore (ou de nouveau) qu’il ne peut y avoir d’art sacré, dans la religion de l’Incarnation que figuratif. La lecture des cahiers de la revue Zodiaque est encore actuelle : “Nous avons un peu tendance à voir un terme dans ce qui est une voie. Nous allons à l’humanité du Christ comme nous irions à un but, alors qu’elle est un passage, et que, par elle seulement, nous atteignons au mystère de Dieu, nourriture de notre vie future.” Cette année, Dom Angelico se voit remettre la Légion d’honneur par Frédéric Mitterrand. A 87 ans, il se porte bien, peint toujours et n’a rien perdu de son enthousiasme.»
 
Frère Philippe Markiewicz, revue Arts sacrés, n° 16, mars-avril 2012, p. 5. (Dijon, Editions Faton.) – Texte reproduit avec l’autorisation de l’auteur.
 
Pour télécharger le texte de frère P. Markiewicz.
 
 
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