Rubrique «En vitrine», ancien site, 2009-2015

Juillet 2013   Jean-Luc Nancy, Ivresse, Paris, Rivages, 2013, (coll. «PR.RI.GF.Philo»), 90 p. Texte de présentation :

Autant l’ivresse est présente dans la littérature et – de façon plus limitée – dans la peinture, autant elle semble absente de la philosophie. Elle y joue pourtant un rôle paradoxal qui commence avec le Banquet de Platon. Les philosophes rêvent à la fois de s’enivrer d’absolu et de maîtriser l’ivresse. Ce n’est pas un traité sur ce paradoxe que propose ce livre, mais à partir de lui une série de variations et de vagabondages, dans une humeur de banquet – avec parfois la tête qui tourne un peu. On voit passer Hegel, Dionysos, Apollinaire, Raskolnikov, Malcolm Lowry, Jésus, Rabelais, Spinoza…

Aussi : Jean-Luc Nancy, Vous désirez ?, Paris, Bayard, 2013, (coll. «Les petites conférences»), 60 p. Jean-Luc Nancy, Noli me tangere, Paris, Bayard, 2013 (2003), (coll. «Le rayon des curiosités»), 93 p. Présentation :

Noli me tangere – Ne me touche pas : c’est une scène singulière de l’évangile de Jean, et c’est une parole emblématique pour des situations de violence ou de désir. C’est aussi, et d’abord, le rappel lapidaire d’un tabou majeur de toutes les cultures : celui du toucher. Or Marie-Madeleine, à qui cette parole est adressée par Jésus, a connu dans l’hagiographie un destin bien particulier : amante tantôt physique et tantôt mystique du Christ, double féminin et sensuel de l’incarnation que son Seigneur est censé représenter, pécheresse dont le repentir poursuit la volupté, son personnage est fait pour troubler aux deux sens du mot la légende religieuse. Comment donc interpréter la scène, et la  » résurrection  » qu’elle veut annoncer ? Comment les peintres l’ont-ils interprétée ? Que nous font-ils voir entre ces deux corps levés l’un vers l’autre, qui se frôlent et qui s’écartent ?

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  Juin 2013  

Denis Ribouillault, Rome en ses jardins. Paysage et pouvoir au XVIe siècle, Paris, CTHS / INHA, 2013, (coll. «L’art et l’essai»), 361 p.

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Présentation de l’éditeur :

Et si le paysage n’était pas seulement un genre pictural, mais aussi une construction culturelle et sociale… Des décors peints aux jardins, des parcs de chasse aux cartes géographiques, les formes changeantes du paysage révèlent les intérêts territoriaux d’une élite aux yeux de qui posséder la terre revêtait une dimension éminemment symbolique. Rome à la Renaissance offre un terrain d’observation idéal pour comprendre la nature de ces enjeux et leurs modalités. A travers l’analyse d’un riche corpus de vues peintes dans les loges des palais – paysages de villes ou de campagnes, séries de villas ou de bourgades -, ce livre met en oeuvre une « archéologie du regard » en conviant le lecteur à une promenade dans ces lieux de mémoire et de pouvoir.

Aussi :

Michaël de Saint-Cheron : Du juste au saint : Ricœur, Rosenzweig et Levinas, Paris, Desclée de Brouwer, 2013, (coll. «Essais»).

Présentation :

À la suite du premier livre qu’il consacra à Lésinas en 2006 (Entretiens avec Levinas), Michaël de Saint-Cheron approfondit ici l’opposition frontale qui est au coeur du dialogue Ricoeur – Levinas sur le statut de l’Autre. Il donne une place particulière à Franz Rosenzweig et à son Étoile de la Rédemption, comme si elle était un trait d’union possible entre les approches de Ricœur et de Levinas. En appendice du livre, le lecteur trouvera l’ensemble des dialogues de Michaël de Saint-Cheron avec Paul Ricoeur entre 1990 et 2000, repris ici à l’occasion du centenaire du philosophe.

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  Mai 2013  

Olivier Germain-Thomas, Manger le vent à Borobudur, Paris, Gallimard, 2013, (coll. «Le sentiment géographique»), 176 p.

Quatrième de couverture :

En indonésien, marcher se dit : «manger le vent». L'Indonésie reste à découvrir. Au cœur de Java se dresse le plus grand sanctuaire bouddhique du monde : Borobudur. Ses neuf étages contiennent des énigmes. Peut-on les éclairer ? Si le texte aborde, par touches, les aspects culturels, le récit raconte avant tout un voyage accompli avec un regard toujours curieux. Voici l’ascension de volcans habités par les Esprits, un rituel chamanique à Bali, Bandung, Jakarta, plus loin Singapour… Les étapes sont l’occasion de rencontres comme celles avec un moine bouddhiste, un traditionaliste musulman, un savant déjanté porteur d’une révélation ou une prostituée qui demande de l’aide. Le récit est conduit avec la fantaisie et le lyrisme déjà présents dans La tentation des Indes et Le Bénarès-Kyôto. Pour Olivier Germain-Thomas, l’écriture du voyage est le creuset où les différents genres se rencontrent pour exprimer les multiples aspects de la vie.

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  Aussi : Olivier Germain-Thomas et Ferrante Ferranti : Empreintes du sacré, Paris, La Martinière, 2012, 254 p.  

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Présentation de l’éditeur :

L’art est une prière » a écrit Andreï Tarkovski, rappelant ainsi le rôle central joué par le sacré dans les créations artistiques.

Depuis des millénaires, sur toute la surface de la Terre, certains lieux ont été considérés par les hommes comme privilégiés dans leur désir d’établir une relation avec les forces supérieures censées régir les lois du monde. Si, à la suite d’invasions, de bouleversements internes ou d’une nouvelle révélation, une religion en remplace une autre, il arrive que ces lieux sacrés restent vénérés, mais avec d’autres rituels. C’est dire l’importance de ces sites, que leur rayonnement provienne de leur beauté, de réalités telluriques, ou d’une habitude qui a traversé les siècles.

Le dessein de cet ouvrage est de faire vivre ces sites par la matière, la lumière et la liturgie. Sans négliger de les situer au sein de l’histoire, les textes refléteront les expériences vécues par les auteurs et restitueront l'aura de ces hauts lieux. L’ambition d’universalité impose d’embrasser toutes les périodes historiques et toutes les religions. Ainsi, le voyage nous conduira-t-il au sein des religions suivantes : animisme, hindouisme, judaïsme, bouddhisme, christianisme, islam. Ajoutons de rapides intrusions du côté du jaïnisme et du sikkhisme aux prodigieuses architectures, ainsi que du confucianisme. L'esprit n'est pourtant pas celui d'un catalogue. Les lieux sont choisis en fonction de l’intensité qu’ils dégagent, et selon les goûts de l’auteur et du photographe. Sans négliger de situer leurs choix dans le courant de l'histoire, les images et les mots refléteront la sensibilité des auteurs. Il ne s’agit pas d’un livre d’histoire, il s’agit de restituer une splendeur qui a traversé les siècles et changé le relation des hommes avec le temps, l’amour ou la mort. Quelles que soient ses croyances, le lecteur pourra refermer le livre avec la conviction que l’aventure du sacré a suscité d’innombrables formes qui n’ont cessé d’alimenter l’imagination et de faire rêver.

Après une introduction générale qui précise le sujet, l'ouvrage s'articule par religions, avec une présentation succincte de chacune d’entre elles suivie d'un ou plusieurs lieux représentatifs de cette religion.

Les auteurs :

Olivier Germain-Thomas est un écrivain-voyageur marqué par les cultures d’Asie. Il a notamment publié Le voyage des Indes avec des photographies de Roland et Sabrina Michaud (Imprimerie Nationale), traduit en anglais chez Abbeville Press et en allemand chez Hirmer. Il est l'auteur d'autres ouvrages traduits en japonais et en coréen. L’ensemble de son oeuvre a été couronnée par un Grand Prix de l’Académie française.

Ferrante Ferranti, d'origine italienne, vit à Paris. Diplômé d'architecture, il consacre sa vie aux voyages et à la photographie, notamment autour de l'iconographie et des expressions du sacré. Il a exposé dans de nombreux pays : France, Belgique, Espagne, Brésil, Italie Roumanie, Syrie, Indonésie, Inde, Colombie, Mexique, Portugal, Russie etc. Il fut notamment le photographe des expositions Brésil Baroque et Mont-Athos au Petit Palais. En octobre 2012, il sera le photographe de l’exposition Dieu, mode d’emploi, qui se tiendra au Petit Palais à Paris. En mai 2013, la Maison européenne de la Photographie organisera une exposition rétrospective sur l'ensemble de son oeuvre, et il exposera en 2012 au musée des arts occidentaux de Tokyo. Il a publié une trentaine de livres, parmi lesquels plusieurs titres avec Dominique Fernandez de l'Académie Française, notamment Villa Médicis, Editions Philippe Rey, 2010 et Naples, Imprimerie Nationale, 2011.  


    Avril 2013  

MARTIN, Laurent; POIRRIER, Philippe [édit.], Démocratiser la culture ! Une histoire comparée des politiques culturelles. Actes de la journée d’études du 9 février 2012, organisée par le Comité d’histoire du ministère de la culture, le Centre d’histoire de Sciences Po et le Centre Georges Chevrier (Université de Bourgogne-Cnrs). Territoires contemporains, avril 2013, n° 5.

Sommaire :

  • «Introduction – Une histoire comparée de la démocratisation de la culture» – Philippe Poirrier (Université de Bourgogne).
  • «La démocratisation de la culture en France : une ambition obsolète ?» – Laurent Martin (Sciences Po Paris).
  • «Controverses à propos de la démocratisation de la culture en Belgique francophone depuis les années 60» – Jean-Louis Genard (Université Libre de Bruxelles).
  • «La démocratisation de la culture en Italie» – Carla Bodo (Rome : Associazone per l’Economia della Cultura).
  • «Démocratiser la culture en Irlande : une politique pragmatique» – Alexandra Slaby (Université de Caen).
  • «Les politiques de démocratisation culturelle en Grande-Bretagne de 1940 à nos jours : légitimation ou instrumentalisation ?» – Cécile Doustaly (Université de Cergy-Pontoise).
  • «Démocratiser la culture. Le cas des États-Unis d'Amérique.Un contexte en évolution» – Jean-Michel Tobelem (Option Culture).
  • «Démocratiser les pratiques culturelles : l'exemple bulgare. Les enjeux de la transition démocratique, 1989-2012» – Svetla Moussakova (Université de Paris III Sorbonne-Nouvelle).
  • «Postface : Quels contenus pour la démocratisation culturelle dans l'Europe du XXIe siècle ?» – Anne-Marie Autissier (Université de Paris VIII).

Toutes les contributions sont en ligne : tristan.u-bourgogne.fr/CGC/publications/Democratiser_culture/Democratiser_culture.html Le site de la revue en ligne Territoires contemporains : tristan.u-bourgogne.fr/CGC/prodscientifique/TC.html  


    Mars 2013  

Derek Allan, Art and Time, Newcastle upon Tyne (UK), Cambridge Scholars Publishing, 2013.

Présentation de l’éditeur

A well-known feature of great works of art is their power to “live on” long after the moment of their creation – to remain vital and alive long after the culture in which they were born has passed into history. This power to transcend time is common to works as various as the plays of Shakespeare, the Victory of Samothrace, and many works from early cultures such as Egypt and Buddhist India which we often encounter today in major art museums.

What is the nature of this power and how does it operate? The Renaissance decided that works of art are timeless, “immortal” – immune from historical change – and this idea has exerted a profound influence on Western thought. But do we still believe it? Does it match our experience of art today which includes so many works from the past that spent long periods in oblivion and have clearly not been immune from historical change?

This book examines the seemingly miraculous power of art to transcend time – an issue widely neglected in contemporary aesthetics. Tracing the history of the question from the Renaissance onwards, and discussing thinkers as various as David Hume, Hegel, Marx, Walter Benjamin, Sartre, and Theodor Adorno, the book argues that art transcends time through a process of metamorphosis – a thesis first developed by the French art theorist, André Malraux. The implications of this idea pose major challenges for traditional thinking about the nature of art.

L’auteur

Derek Allan has published widely on aspects of the theory of art and literature. He holds a PhD in Philosophy and a Masters in French Language and Literature and is a Visiting Fellow at the Australian National University. His book, Art and the Human Adventure: André Malraux's Theory of Art, was published in 2009.

  Présentation sur le site de l’éditeur.  

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  Janvier 2013  

Eliane Lecarme-Tabone; Jean-Louis Jeannelle [édit.], Simone de Beauvoir, Paris, éd. de L’Herne, 2013, (coll. «Cahiers de l’Herne»), 400 p.

 

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Dominique Fernandez, Dictionnaire amoureux de Stendhal, Paris, Plon, 2013, (coll. «Dictionnaire amoureux»).

 

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  Décembre 2012  

Joël Loehr, «Science critique et conscience d’auteur : Proust à l’épreuve», Littérature, n° 168, décembre 2012 : «Arts de Lecture».

 

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Jean Grosjean, Une voix et un regard : textes retrouvés, 1947-2004, édition de Jacques Réda, préface de J.M.G. Le CLézio, Paris, Gallimard, 2012, 493 p.

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Farîd al-Dîn ‘Attâr, Le Cantique des oiseaux, texte traduit du persan par Leili Anvar, commentaires de Michael Barry, Paris, éditions Diane de Selliers, 2012, («Grande collection Diane de Selliers»), 432 p.

Présentation de l’éditeur :

«207 miniatures persanes, turques, afghanes et indo-pakistanaises du XIVe au XVIIe siècle illustrent l’intégralité du Cantique des oiseaux dans une nouvelle traduction versifiée réalisée par Leili Anvar, normalienne, agrégée et docteur en littérature persane.

«Les recherches iconographiques ont été menées au sein des collections publiques et privées d'art islamique en Europe et aux États-Unis, ainsi qu'au Proche et au Moyen-Orient. Des collections difficiles d'accès, conservant des trésors rarement reproduits : les musées du Caire, de Bagdad, de Kaboul, la bibliothèque du palais du Golestan et le Musée national à Téhéran, le musée Topkapi à Istanbul. «Les commentaires iconographiques et culturels, présentés en regard de chaque illustration, donnent les clés pour comprendre les oeuvres reproduites. Écrits par Michael Barry, professeur à l'université de Princeton, spécialiste des civilisations de l'Iran et de l'Afghanistan.»

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Novembre 2012  

Karin Müller, 100 crimes contre l’art, Paris, L’Ecailler, 2012, (coll. «Docs»).

Présentation de l’éditeur :

«Les oeuvres d'art et de culture, tableaux, sculptures, musées, bibliothèques, orfèvrerie, icônes, ont le don d'élever l'esprit mais aussi d'attirer les passions, les folies, les crimes. C'est à un inventaire spectaculaire de ces événements fracassants que nous convie Karin Müller, à travers les époques, les pays, les styles. On saura qui a brisé le Nez du Sphinx, volé La Joconde au Louvre, pourquoi on a détruit la ville de Dresde et les bouddhas de Bamiyan. On découvrira la malédiction qui frappe une certaine toile de Rembrandt, Le Cri de Munch et Le Penseur de Rodin. On verra où mène le vandalisme stupide ou utopiste visant Gauguin, Duchamp ou Twombly. On en apprendra aussi beaucoup sur les artistes, leurs oeuvres et le commerce des arts…»

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Aussi : Karin Müller, Lever de rideau sur Edward Hopper, Paris, Barley, 2012, 96 p. Présentation de l’éditeur :

«Il n’est pas difficile de peindre une scène ou un motif. Ce qui est difficile, c’est d’exprimer une pensée par la peinture. La pensée est fluide, mais ce que vous appliquez sur la toile est concret, et cette résistance tend à diriger la pensée.» Edward Hopper, 1957. «La biographie à la première personne de Karin Müller évoque un journal intime ou une longue interview posthume d’Edward Hopper. Il fallait beaucoup de rigueur, de retrait et de sensibilité pour donner voix au grand silencieux de la peinture figurative américaine du XXe siècle, au peintre de l’incommunicabilité !» Christophe Duvivier, Conservateur. Auteure de plusieurs ouvrages consacrés à des écrivains et artistes du XXe siècle, Karin Müller codirige la galerie Gimpel & Müller (Paris).

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Octobre 2012  

Thierry Dufrêne, Salvador Dali double image, double vie, Paris, Hazan, 2012, (coll. «Biographie»), 280 p.

Présentation de l’éditeur :

Il n'existe pas en français de biographie complète de l'artiste. The Shameful Life of SD de Ian Gibson, en anglais, est celle d'un hispaniste, nullement celle d'un historien de l'art: les oeuvres y apparaissent presque superfétatoires. Les ouvrages de Descharnes, eux, articulent la vie et l'oeuvre, mais dans le style cursif du catalogue raisonné. D'un autre côté, les essais, innombrables sur Dali, sont soit savants et limités à une période donnée, en l'occurrence presque toujours le surréalisme, soit de type monographique avec une manière de couvrir l'oeuvre par grands ensembles, sommairement dégagés, avec le strict minimum d'ancrage dans l'histoire d'une vie et le contexte socio-politique. Cette biographie, aisée de lecture, ménage le suspense d'un déroulé d'enquête. Comment l'oeuvre s'explique-t-elle par la vie de l'artiste? On le sait mieux aujourd'hui où précisément le travail de la Fondation Dali et un grand nombre d'études spécifiques ont analysé tel ou tel aspect: le moment est venu d'une synthèse. Comment les “moments existentiels” de cette dernière se traduisent-ils par ces doubles: les oeuvres, qui acquièrent leur vie propre? Comment Dali a-t-il pu développer une personnalité complexe: celle d'un artiste lettré, encyclopédique que ses actes publics tendaient néanmoins à dissimuler sous le masque fantasque? Aujourd'hui sont accessibles plus aisément toutes ses apparitions dans les médias qui touche après touche, campent le personnage. Le livre montre aussi Dali lecteur, Dali dans sa bibliothèque, Dali conversant avec les scientifiques; on explorera à sa suite l'étendue des domaines qu'il a abordés. Ainsi, Dali apparaît aujourd'hui comme l'un des très rares singuliers dans le “Siècle de Picasso”. Si ce dernier transpose la réalité historique dans son propre univers, Dali nous apparaît avec le recul comme plus révélateur du XXº siècle dont il a partagé les forces et les faiblesses avec un flair et une perméabilité allant jusqu'à l'obsession. S'il se faisait appeler le Divin, c'est parce qu'en lui, les contraires cohabitaient sans contradiction. Une vie, sans exemplarité, Salvador, un seul salut: par les oeuvres.

L’auteur. – Thierry Dufrêne est un spécialiste reconnu de l'œuvre d'Alberto Giacometti auquel il a consacré sa thèse parue sous le titre Giacometti. Les dimensions de la réalité, Genève, Editions d’art Albert Skira, 1994, 221 p., 23 ill. Portrait de Jean Genet, Paris, Adam Biro, 1991 récemment réédité sous le titre Giacometti/Genet : masques et portrait moderne, Paris, éd.Vilo, juin 2006 (avec un texte inédit sur le rapport de l'artiste aux arts premiers) et de nombreux articles dans des revues d'histoire de l'art et des catalogues d'expositions. Professeur d'Histoire de l'Art contemporain à l'Université Paris X-Nanterre où il dirige le Centre de recherches en Histoire de l'Art et Histoire des Représentations (C.H.A.H.R.), Thierry Dufrêne est également spécialiste de l'histoire de la sculpture des XX-XXIes siècles, il a été le commissaire de nombreuses expositions.

 

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Alexis Tadié, Repenser la fiction, Paris, Hermann, 170 p. Présentation de l’éditeur :

«Dans cet essai, Alexis Tadié tente de déplacer les débats autour de la littérature et de la connaissance, en les abordant sous l’angle de la théorie de la fiction. Il montre que le rapport du roman au monde et au savoir peut être examiné à partir d’une réflexion à la fois historique et théorique sur le concept de fiction. Plus précisément, il propose ici de considérer que la fiction est caractérisée par une hésitation du lecteur face au texte, par une négociation permanente des aspects référentiels et non référentiels du texte. Plutôt que d’envisager la fiction comme un  » monde  » à part, dominée par le  » faire-semblant « , il suggère au contraire d’explorer les rapports complexes que peuvent entretenir vérité et fiction à partir d’exemples tirés principalement du roman anglais et français. Ainsi, partant d’une réflexion historique sur le concept de fiction, Alexis Tadié analyse les discours théoriques sur la fiction, dans toutes ses dimensions (conte philosophique, roman, fable) pour saisir ses principes de construction, à partir notamment des rapports qu’entretiennent fiction et histoire, fiction et allégorie, fiction et vérité. En se penchant sur les usages de la fiction et sur le rôle qu’y joue le lecteur, il propose d’appréhender la fiction comme une expérience de pensée.»

L’auteur. – Ancien élève de l’Ecole normale supérieure, ancien directeur de la Maison française d’Oxford et fellow de St Catherine’s College (2003-8), Alexis Tadié est aujourd’hui professeur de littérature anglaise à l’université de Paris-Sorbonne.

 

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Août 2012  

Sylvie Dallet; Emile Noël [édit.], Les territoires du sentiment océanique, Paris, L’Harmattan, 2012, (coll. «Ethiques de la création»), 161 p.

Présentation de l’éditeur :

Le « sentiment océanique » est une forme particulière des états modifiés de conscience, domaine qui est attesté du plus lointain des témoignages humains. La spécificité de cette sensation, assimilée depuis Romain Rolland aux capacités de la religiosité indienne, reste un mystère de la connaissance. Celle-ci, qui allie une joie à une forme de dissolution ou de rencontre de la matière, est pour la première fois analysée sur des observatoires différents : spiritualités, biologie, littérature, poésie, philosophie, sport…  

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  Juillet 2012   Daniel Froville, Pierre Bockel. L’aumônier de la liberté, Strasbourg, éd. La Nuée bleue, 2012, (coll. «Figures d’Alsace»), 320 p. Présentation de l’éditeur :

« L’un des hommes les plus nobles que j’aie rencontrés », a dit André Malraux de celui qui fut l’aumônier de la Brigade Alsace-Lorraine pendant la Résistance et les combats pour la Libération. Pierre Bockel (1914-1995), archiprêtre de la cathédrale de Strasbourg, fut une des figures majeures du catholicisme alsacien dans la seconde moitié du XXe siècle, engagé dans toutes les initiatives pour l’œcuménisme et le dialogue interreligieux, l’ouverture à la jeunesse, le dialogue avec les intellectuels et les artistes. Son autobiographie, L’enfant du rêve (Grasset, 1973), fut un best-seller remarqué. Dans ce livre très documenté, Daniel Froville fait le portrait d’un homme de fraternité et de foi qui éclaire toute une époque.

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    Lire un CR de Yolande Baldeweck dans L’Alsace.fr : «Pierre Bockel, l’aumônier qui fut l’ami d’André Malraux leur vie durant».  


 

Julien Ries, Symbole, mythe et rite : constantes du sacré, Paris, Le Cerf, 2012, (coll. «Patrimoine»), 696 p.

  Présentation par l’éditeur

L’étude du symbole, du mythe et du rite, termine la trilogie consacrée à l’homo religiosus et à son expérience du sacré. La synthèse des éléments essentiels dégagés dans le parcours de mille sept cents pages confirme la pensée de Mircea Eliade estimant que l’histoire des religions est susceptible de nous ouvrir à un nouvel humanisme, voire d’esquisser une nouvelle anthropologie religieuse. Cet essai permet, d’une part, d’aboutir à une anthropologie religieuse fondamentale et, d’autre part, d’ouvrir des perspectives nouvelles pour l’étude des anthropologies spécifiques ou sectorielles telles que l’anthropologie indo-européenne, l’anthropologie brahamique, l’anthropologie bouddhique, l’anthropologie grecque, l’anthropologie islamique. L’Epilogue du présent volume en expose les structures.

L’auteur

Julien Ries (né en 1920) est docteur en théologie et licencié en philologie et histoire orientales. De 1960 à 1990, il a enseigné l’histoire des religions à l’université catholique de Louvain-la-Neuve Il est docteur honoris causa en philosophie et sciences de l’éducation de l’université catholique de Milan et lauréat de l’Académie française. Les deux premiers volumes de sa trilogie, « L’Homo religiosus » et son expérience du sacré et L’Homme et le sacré, sont parus aux Editions du Cerf en 2009.

 

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  Juin 2012  

Michel Melot, Mirabilia. Essai sur l’Inventaire général du patrimoine culturel, Paris, Gallimard, 2012, (coll. «Bibliothèque des idées»), 288 p.

  Présentation de l’éditeur

Jadis, on comptait sept merveilles du monde. Aujourd’hui, l’Unesco en recense des milliers. D’où vient un tel essor ? On s’est longtemps fait une idée assez claire des objets à conserver. Puis l’idéologie du tout-mémoire s’est ajoutée aux possibilités virtuelles d’une conservation intégrale pour faire du patrimoine ce que Pierre Nora a appelé « un problème global de société et de civilisation ». L’Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France, créé à l’initiative d’André Malraux et d’André Chastel en 1964, a vécu quarante ans. En 2004, l’Etat en a confié la charge à ses vingt-six régions. Il a été rebaptisé pour l’occasion Inventaire général du patrimoine culturel. Derrière le changement de nom, une véritable métamorphose s’est opérée. A cette date, avaient été enregistrés, outre 8 000 statues de la Vierge Marie et plusieurs milliers de maisons, de manoirs et de chapelles, 500 hôpitaux, 400 aéroports, 180 phares, 7 raffineries de pétrole et 4 centrales nucléaires, sans compter 40 000 monuments « classés ». Depuis lors, l’inflation des objets retenus n’a pas cessé. Michel Melot, ancien directeur de l’Inventaire, se demande si, au-delà de ce besoin de sanctification laïque des biens culturels, ne se cachent pas, finalement, l’idée d’une mobilité salutaire des valeurs culturelles et celle, chère à Malraux, d’un Inventaire général ouvert, à même de remettre en question les valeurs les plus convenues.

L’auteur

Après avoir été longtemps conservateur puis directeur du département des estampes et de la photographie à la Bibliothèque nationale, Michel Melot a dirigé l’Inventaire général du patrimoine de 1996 à 2003.
Lire de Jérôme Serri, «Les trésors culturels de Michel Melot», L’Express en ligne, 30 mai 2012.
Dans Le Figaro : «Michel Melot : « Le patrimoine est plus vaste de l’art »». Voir lefigaro.fr, 1er juillet 2012.
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    Tricentenaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau Deux événements éditoriaux majeurs, parallèles et sans doute complémentaires.   Editions Garnier

Jean-Jacques Rousseau Œuvres comple?tes

Pre?sentation chronologique. E?dition du tricentenaire (1712-2012) sous la direction de Jacques Berchtold, Franc?ois Jacob et Yannick Se?ite?

 

La publication d'une version totalement renouvele?e des Œuvres comple?tes de Jean-Jacques Rousseau s'annonce comme un e?ve?nement e?ditorial majeur. Il s'agit de rendre accessible l'inte?gralite? des e?crits de Rousseau pre?sente?s dans l'ordre chronologique de composition ou de parution, afin de permettre de re?interroger cette œuvre d'un point de vue a? la fois historique et ge?ne?alogique, et d'en rendre sensible l'originalite? a? travers la diversite? des sujets aborde?s. Une entreprise de cette envergure n'a pas d'e?quivalent depuis l'e?dition Musset-Pathay au de?but du XIXe sie?cle. Elle est requise par toute une se?rie de de?couvertes ou de relectures contemporaines dans le corpus publie? et non publie? des e?crits de Rousseau (e?crits botaniques, manuscrits, partitions, etc.) et par le renouvellement en cours des interpre?tations. Elle s'appuie sur une e?quipe de spe?cialistes internationale et interdisciplinaire. La publication de l'e?dition chronologique du tricentenaire est appele?e, par son ampleur conside?rable, a? couvrir une pe?riode de plusieurs anne?es. Elle se de?cline en vingt volumes suivis d'un volume d'annexes et d'index. Chaque volume sera constitue? d'environ 1 500 pages, en grand format relie? (16 x 24 cm).

Télécharger la présentation des éditions Garnier.  

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  Editions Slatkine / Editions Honoré Champion  

A? L'OCCASION DU TRICENTENAIRE DE LA NAISSANCE DE JEAN-JACQUES ROUSSEAU 28 juin 2012 LES E?DITIONS SLATKINE a? Gene?ve en collaboration avec LES E?DITIONS HONORE? CHAMPION a? Paris vous annoncent la publication de ses ŒUVRES COMPLE?TES sous la direction de Raymond TROUSSON et de Fre?de?ric S. EIGELDINGER et de ses LETTRES e?dite?es par Jean-Daniel CANDAUX, Fre?de?ric S. EIGELDINGER et Raymond TROUSSON en 24 volumes, entie?rement disponibles le 28 juin 2012, date anniversaire de la naissance de l'e?crivain, en version relie?e, broche?e et e?lectronique. En chantier depuis 2008, cette e?dition re?unit les meilleurs spe?cialistes de Rousseau.

  Télécharger la présentation des éditions Slatkine / Champion.  


Mai 2012

Eve Feuillebois-Pieruneck [édit.], Epopées du monde. Pour un panorama (presque) général, Paris, Classiques Garnier, 2012, (coll. «Rencontres», n° 25)

Présentation de l’éditeur :

L’ouvrage étudie l’épopée dans sa diversité fondamentale, en examinant de près un grand nombre de textes différents, de l’Antiquité à l’époque moderne, et de l’Europe à l’Extrême-Orient, à travers une vingtaine de contributions rédigées par les meilleurs spécialistes des aires culturelles concernées. La perspective est comparatiste et s’efforce de proposer une vision globale de l’épopée comme machine à penser.
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Avril 2012

Micheline Galley : La Sibylle : de l’antiquité à nos jours, Paris, Librairie orientaliste Paul Geuthner, 2012, 205 p.

Présentation de l’éditeur :

Ce livre convie le lecteur à la rencontre d’une femme qui traverse le temps : la Sibylle. Exploration passionnante, jalonnée de surprises et d’émerveillement. C’est d’abord sous la forme d’une voix, mystérieuse et grandiose, qu’apparaît la Sibylle proférant l’oracle. Très tôt. la voix se matérialise et se multiplie jusqu’aux confins du monde grec où sont célèbres la Persique, la Libyque, la Cumaine, d’autres encore. Partout, la Sibylle incarne la divination inspirée. À Rome et à Alexandrie, c’est sa parole écrite qui a valeur sacrée. Avec le christianisme, l’antique prêtresse d’Apollon se voit adoptée en tant que  » vraie prophétesse « . Étonnante transformation ! Le rôle de la Sibylle gagne en importance au sein de l’Église médiévale, et l’art chrétien s’approprie la Sibylle païenne – faits qui, étrangement. semblent avoir été occultés par l’Histoire. Au temps de la Renaissance, la Sibylle (voire le  » concert des sibylles  » en son entier) opère une entrée spectaculaire et triomphante dans les églises : à Sienne par exemple, le somptueux pavement de la Cathédrale présente dix Sibylles comme messagères de la Révélation. Une vogue qui n’est pas limitée à l’Italie. Cet ouvrage est illustré des plus belles représentations, en France et en d’autres pays, qui marquent cette période exceptionnellement féconde. Après le Concile de Trente, la figuration sibylline ne disparaît pas ; elle se transforme et s’adapte aux courants esthétiques. Toujours perçue comme la femme habitée par l’intuition des choses cachées, la Sibylle fascine et inspire peintres et sculpteurs, romanciers, poètes et musiciens. En pays catalan. le  » Chant de la Sibylle  » fait, encore aujourd’hui, partie de la tradition liturgique de Noël. Mais à côté de cette image dominante, tout auréolée de sacré, on trouve aussi, rarement, une Sibylle décrite comme magicienne. parfois dangereuse séductrice, parfois irascible rivale de la Vierge Marie ou fière rebelle qui fait songer à Lilith : comme si elle condensait, en une même personne dotée d’une puissance exceptionnelle, tous les traits, positifs et négatifs, de la féminité.

Présentation de l’auteur :

Micheline Galley est directeur de recherche émérite au C N R S. Professeur au Maroc (1957-1960), elle entre en contact avec la tradition vivante des conteurs. Elle acquiert une formation en ethnologie et dialectologie arabe à Paris (1960-1962). Elle enseigne à la Faculté d’Alger (1962-1966) ; déjà, elle recueille, de la bouche d’une conteuse, un important corpus. Elle entre au CNRS fin 1966, comme collaboratrice de Germaine Tillion et passe un doctorat en ethnologie en 1968. Ses travaux portent sur les littératures de tradition orale, au Maghreb et plus largement clans l’aire méditerranéenne. Elle étudie à travers le conte, la poésie chantée, les récits de vie, la situation de la femme dans une société traditionnelle. Elle a publié des recueils de textes et de nombreuses études sur la Geste hilalienne.

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Mars 2012

Marc Fumaroli : Le Livre des métaphores. Essai sur la mémoire de la langue française, Pairs, Robert Laffont, 2012, (coll. «Bouquins»), 1120 p.

Présentation de l’éditeur :

Qu'est-ce qu'une métaphore ? Venu du grec ancien, le terme désigne le transfert purement mental d'un mot, ou d'une expression, de son sens premier, ou propre, à un sens second, ou figuré. Ces glissements de sens ressemblent à de vraies métamorphoses : le feu de cheminée se change le moment venu en feu de la passion, ou en feu de la conversation, ou en feu de l'éloquence, aussi naturellement que la baguette de la fée change à minuit le carrosse de Cendrillon en citrouille. La feuille d'arbre se change en feuille de papier, et la feuille de papier en page de journal imprimé. De ce pouvoir métamorphique du transport métaphorique, le langage reçoit son côté joueur, poétique et même sorcier. Les poètes et les grands écrivains s'en jouent avec art ; mais tout un chacun, dans son usage quotidien et quasi machinal, soit en parlant, soit en lisant, a affaire abondamment à cette propriété du langage, le plus souvent sans même s'en rendre compte. Notre langue, poète à notre place, a mémorisé, accumulé et augmenté au cours des siècles son propre trésor de métaphores, par transmission orale le plus souvent. Ce livre veut donner une idée aussi complète que possible de la présence si ancienne de cette figure dans la langue française. L'auteur a choisi de ranger ces très nombreuses fleurs par lieux (le corps, la ferme, le château, la chasse, la guerre, la marine, etc.), au lieu de les soumettre à un ordre alphabétique qui les aurait écrasées, invitant ainsi le lecteur à un voyage à travers une France quasi disparue, mais dont subsistent des mots qui se laissent humer comme le flacon de Baudelaire, d'où jaillit toute vive une âme qui revient.

Notice concernant l’auteur :

Marc Fumaroli, de l'Académie française, professeur honoraire au Collège de France, a consacré de nombreuses études à la rhétorique antique et moderne, cette ancienne discipline de la parole qu'il a contribué à réhabiliter comme grille d'interprétation et d'appréciation des discours et des écrits.

Voir l’interview de Marc Fumaroli par Jean-Paul Enthoven, www.lepoint.fr.

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  Février 2012

Catherine Dubuis, Un femme entre les lignes. Vie et œuvre de Clarisse Francillon, Lausanne, Plaisir de lire, 2012, 264 p.

Quatrième de couverture :

Ecrire une biographie de Clarisse Francillon représente une gageure, tant cette femme secrète défendait farouchement tout accès à sa vie privée. Dès lors, comment l'atteindre, sinon à travers ses livres? Ce récit tente donc de débusquer une femme entre les lignes de son œuvre. Mais perce-t-on jamais l'énigme d'une vie ?

Clarisse Francillon est née à Saint-Imier en 1899 et décédée à Vevey en 1976. Installée à Paris dès les années vingt, elle publie des romans et des recueils de nouvelles, dont plusieurs seront édités par Gallimard. Entretenant une riche correspondance avec Pierre Girard et Roger Martin du Gard, elle traduira toute l'œuvre en prose de Malcom Lowry (dont Au-dessous du volcan). Ses écrits avant-gardistes abordent sans tabou des thèmes forts, tels que l'homosexualité, la condition des femmes, les conflits sociaux ou encore la perte de repères chez les adolescents. Ils restent ainsi d'une saisissante actualité…

Ancienne enseignante à l'Université de Lausanne, Catherine Dubuis est également la biographe de Marguerite Burnat-Provins (Les Forges du paradis, Éditions de l'Aire, 1999, réédité en Aire bleue en 2010) et de Cilette Ofaire (Les Chemins partagés, Éditions Plaisir de Lire, 2007).

Voir la présentation du livre sur le site de l’éditeur.

 

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Guy Saez [édit.], Le fil de l’esprit. Augustin Girard, un parcours entre recherche et action, Paris, Comité d’histoire du ministère de la Culture / La Documentation française, 2011, (coll. «Travaux et documents», n° 29).

Présentation de l’éditeur

Dans quelle mesure la recherche peut-elle contribuer à définir une politique publique de la culture ? Telle est la question à laquelle, dès 1963, Augustin Girard s’efforce de répondre en créant, au ministère des Affaires culturelles, le Service des études et recherches. Les écrits qui jalonnent son parcours professionnel attestent une dialectique permanente entre la recherche et l’action ainsi qu’une étonnante capacité à formaliser, de manière souvent précoce, certaines notions déterminantes dans l’histoire des politiques publiques de la culture : le « développement culturel » ; la contribution des sciences humaines à la connaissance de la vie culturelle ; la prise en compte de la culture par les collectivités territoriales ; le poids des industries culturelles ; la nécessité d’une coopération internationale ; l’apport de l’histoire à l’élaboration des politiques futures. Dans le souci de mieux faire connaître une pensée des plus stimulantes au regard des enjeux des politiques culturelles contemporaines, le présent ouvrage rassemble : des textes majeurs d’Augustin Girard; des contributions de chercheurs ayant travaillé avec lui ou sous sa direction; des entretiens avec des responsables de politiques culturelles ou de « grands témoins » français ou étrangers ayant accompagné son parcours. « L’enjeu culturel », écrivait Augustin Girard dès 1986, « n’est pas seulement le développement de la vie artistique, mais aussi la condition d’un avenir, d’un projet humain, d’une civilisation nouvelle à faire émerger ». Car, ajoutait-il, « la politique culturelle n’a pas pour objet d’accoucher la société d’un monde défini comme souhaitable, mais de permettre à tous de bâtir des réponses humaines aux menaces du prévisible et de l’imprévisible ».

Voir le CR de l’ouvrage sur le site www.lectures.revues.org

Site du Ministère de la Culture et de la Communication.

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Janvier 2012

Régis Debray, Jeunesse du sacré, Paris, Gallimard, 2012, (coll. «Hors série connaissance»)

Biographie de l’auteur

Essayiste, romancier, journaliste et mémorialiste, Régis Debray a notamment publié aux Editions Gallimard de nombreux essais, une pièce de théâtre : Julien le fidèle (collection blanche, 2005), des mémoires : Aveuglantes lumières (collection blanche, 2006). Derniers ouvrages parus : Un candide en Terre Sainte (collection blanche, 2008, Folio n° 4968), Le moment fraternité (collection blanche, 2009, Folio essais n° 538), Dégagements (collection blanche, 2010), Eloge des frontières (collection blanche, 2010), Du bon usage des catastrophes (collection blanche, 2011).

Compte rendu par Michaël de Saint-Cheron.

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Françoise Theillou, Paris, dômes sacrés du Grand Siècle, Paris, éditions du Patrimoine / Centre des monuments nationaux, 2010.

Présentation de l’éditeur :

A la suite du concile de Trente et de la Contre-Réforme, l’Italie, puis la France voient naître une architecture religieuse nouvelle caractérisée par la présence d’un dôme sur des édifices destinés à exposer aux fidèles la religion catholique réaffirmée. C’est ainsi que Paris s’enrichit tout au long du XVIIe siècle d’une série majeure d’églises à dôme, toujours plus vastes et ambitieuses au fur et à mesure que le pouvoir royal investit ces espaces religieux. Une introduction à la fois synthétique et précise retrace l’évolution architecturale et symbolique du dôme. Chacun des dix édifices parisiens retenus fait l’objet d’une monographie qui le replace dans son contexte historique et politique en s’appuyant sur un véritable récit, vivant et riche en anecdotes. L’iconographie historique est complétée par une importante campagne photographique contemporaine, qui permet de découvrir les innovations architecturales qu’ont été ces dômes baroques parisiens.

Biographie de l’auteur :

Françoise Theillou est l’auteur de récits, de nouvelles et tout particulièrement d’études sur le paysage parisien, dont le dénominateur commun est le travail sur la mémoire et la quête des origines. Nul doute que c’est à sa prédilection pour Proust et à l’enseignement des lettres classiques qu’elle doit sa passion. Jean-Pierre Delagarde est l’auteur des photographies du Grand palais (Editions du patrimoine, 2008). Dans la même collection  » Monographies d’édifices « , il a réalisé avec Jacques Moatti la campagne photographique de l’Opéra de Charles Garnier (2 volumes, 2000 et 2004) et participé à celle du Conseil d’Etat au Palais-Royal (2006).

 

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Ousmane sow Huchard, Ph.D., La culture, ses objets-témoins et l’action muséologique, Dakar, Le Nègre international Editions, 2010.

Une somme de savoir et une mine inépuisable d’informations.

Le CV de l’auteur.

 

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  Décembre 2011

Collectif, La Gruyère dans le miroir de son patrimoine, Neuchâtel, édition Alphil – Presses universitaires suisses / Musée gruérien – Bulle Musée gruérien, 2011.

Télécharger le bulletin d’information et de souscription.

Une réussite scientifique, pluridisciplinaire et éditoriale parfaite. Office du tourisme de la Gruyère.  

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  Novembre 2011 Karin Müller, Les fulgurances de Nicolas de Staël, Paris, éd. Guena, 2011.  

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Présentation de l’éditeur

Pour la première fois, un auteur ose la première personne pour évoquer Nicolas de Staël. Karin Müller parle de sa vie, de ses femmes, de la difficulté de créer, de la misère et des terribles souffrances qui l'ont poussé à se jeter dans le vide un beau jour de 1955. Tout est évoqué dans ce texte dense, qui permet d'entrer dans l'univers impitoyable et fulgurant d'un des plus grands peintres de la première moitié du XXe siècle. Un destin dramatiquement romantique, qui marquera le lecteur longtemps après qu'il aura refermé le livre.

Biographie de l’auteur

Karin Müller codirige la galerie Gimpel & Müller à Paris. Elle est l'auteur de plusieurs ouvrages consacrés à des artistes dont Malraux, Guitry, Elsa Triolet et Louis Aragon.

 


 

Kevin Laiausse [édit.], Les grands discours politiques de 1900 à nos jours, Paris, éditions Bréal, 2011. – L’Oraison funèbre à Jean Moulin occupe les pages 122 à 129.
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Présentation de l’éditeur

De notre histoire collective, nous gardons en mémoire des faits, des dates importantes, des hauts lieux, mais aussi des expressions cultes : « Je vous ai compris », « Ich bin ein Berliner » ou « I have a dream ». En les invoquant, nous retrouvons les voix qui les ont portées et l’enthousiasme de la foule qui les a reçues. Tout au long du XXe siècle, le discours est resté l’une des formes essentielles de la communication des personnalités politiques. Il a bénéficié de l’émergence de nouveaux médias pour être très largement diffusé et n’a rien perdu de son efficacité en gagnant la force du visuel. Lues aujourd’hui avec de manière alerte et critique, les phrases prononcées jadis permettent de dérouler l’histoire de notre monde contemporain, depuis les prémices de la Première Guerre mondiale jusqu’à nos jours. Les discours réunis dans cet ouvrage ont été choisis pour leur portée historique. En plus d’une présentation de leurs auteurs, Kevin Labiausse s’attache à les remettre en perspective dans leur contexte et propose des pistes pour aller plus loin.

Pour lire un extrait du livre.  


  Septembre 2011

Michaël de Saint-Cheron, Gandhi. L’anti-biographie d’une Grande Ame, Paris, Hermann, 2011, (coll. «Hermann philosophie»), 214 p.

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Présentation

Il ne s’agit pas ici d’une nouvelle biographie, à strictement parler, de Gandhi, mais plutôt d’une anti-biographie spirituelle, intellectuelle, voire politique de celui que Rab?ndran?th Tagore appela Mah?tm?, la  » grande âme « . Ni christianisant ni psychanalytique, cet essai tente d’approcher la figure complexe de l’apôtre de la non-violence. Mais toute intellectuelle et spirituelle qu’elle veut être, cette étude ne peut ni ne veut s’abstraire de l’histoire, dans laquelle le Mah?tm? est entré de plain-pied.

Juin 2011

Agnès CALLU, Gaëtan Picon (1915-1976) : esthétique et culture, préface de Jean-François Sirinelli, postface d’Yves Bonnefoy, Paris, Honoré Champion, 2011.

En août 2011, l’ouvrage d’Agnès Callu a été couronné par le Prix Chaix d’Est Ange de l’Académie des Sciences morales et politiques de l’Institut de France. Nos très vives félicitations !

Voir sur malraux.org la recension du livre de Mme Callu par Aurélia Maillard.

 

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Présentation de l’éditeur
Directeur général des Arts et Lettres auprès d'André Malraux de 1959 à 1966, Gaëtan Picon ne cesse jamais d'être un critique des écrivains et des artistes. Alors que son Ministre veut partout, par les Maisons de la Culture, diffuser l'héritage total des productions du passé, il privilégie, en philosophe inspiré par Nietzsche, l'élan créateur de la génération des René Char ou Jean Dubuffet. Inventeur d'une théorisation de la Culture contemporaine, il préconise un Musée d'Art moderne, renouvelé dans ses postulats intellectuels autant que dans ses structures. Hors du temps politique et à l'écart des recherches structuralistes, il se passionne pour l'interprétation de la genèse des œuvres issue des ateliers de leurs auteurs. Dès lors, il configure les règles d'une critique « consciente », poétique et philosophique qui, par la densité d'un style à la fois sensualiste et abstrait, l'a cependant marginalisé dans les imaginaires sociaux.

Biographie de l’auteur

Ancienne élève de l'Ecole nationale des Chartes (thèse publiée sur la Réunion des musées nationaux sous la IIIe République, Prix Lenoir) et de l'Institut national du Patrimoine (promotion Hubert Robert), Docteur en histoire contemporaine de l'Institut d'études politiques de Paris, Agnès Callu est historienne, conservateur du Patrimoine au Musée des Arts Décoratifs, chercheur associé au CNRS (Institut d'histoire du temps présent, IHTP), chargé de cours à l'Université Paris – Sorbonne (Paris IV) et à Sciences Po ainsi que chargé de conférences à l'Ecole pratique des hautes études (EPHE).

Juin 2011

Philippe POIRRIER [édit.], Pour une histoire des politiques culturelles dans le monde, 1945-2011, Paris, La Documentation française, 2011. Aller au site de la Documentation française.

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  Présentation :

Le colloque international qui s’est tenu en 2009 pour marquer le cinquantenaire du ministère de la culture fut l’occasion d’échanges croisés entre responsables des politiques culturelles nationales à l’étranger et en France. L’objectif de cet ouvrage est d’élargir et d’enrichir par des études de cas, les témoignages recueillis lors de ce colloque et, ceci, dans une perspective historique.

La postface permet d’en dresser une synthèse et de saisir les principales évolutions qui, depuis la Seconde Guerre mondiale, ont caractérisé le renforcement des politiques publiques de la culture de par le monde. Les monographies portent sur les pays suivants : Allemagne, Australie, Belgique, Bulgarie, Canada (Québec compris), Chili, Danemark, Espagne, États-Unis, Finlande, France, Grèce, Irlande, Italie, Japon, Norvège, Royaume-Uni, Suède et Suisse.


Mai 2011. Henri GODARD, Céline, Paris, Gallimard, 2011, (coll. «Biographie / Gallimard»).

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Présentation de l’éditeur
Depuis sa mort, voici un demi-siècle, la stature de Céline n’a cessé de croître : qu’on le veuille ou non, il est un des auteurs majeurs du XXe siècle, un des plus lus, des plus commentés et assurément des plus disputés. Céline a inventé une manière entièrement nouvelle d’écrire le français. Son Voyage au bout de la nuit a été ressenti comme un choc, comme une révolution dans la manière de dire par le roman l’expérience humaine. C’est son oeuvre de polémiste qui devait plus tard lui aliéner durablement nombre de lecteurs. Mais peut-on vraiment dissocier le génie de l’écrivain des violences de l’homme ? Pour Henri Godard les deux sont inséparables. Cette biographie se propose précisément de retracer le chemin de la vie à l’oeuvre, tout comme elle s’efforce de pénétrer le secret de cette existence à l’épreuve du travail de l’écriture. Elle part à la découverte des vérités contradictoires de Céline, que restitue par fragments, de l’enfance à la mort, une abondante correspondance récemment réunie. C’est un portrait souvent inattendu qui se dessine peu à peu : de l’enfant sage et affectionné du passage Choiseul au reclus de Meudon, en passant par le jeune commis de boutique, le cuirassier à jamais marqué par la guerre, le médecin des quartiers pauvres, l’antisémite furieux, le prisonnier de Copenhague… mais aussi l’amoureux de la mer et des ports, le copain qui adore parler sexe, enfin, le plus méconnu, l’homme qui mit le corps féminin et la danse au centre de sa vie. Au fil des pages et des années, c’est une figure plus intime, plus complexe, plus déchirée aussi, que découvre le lecteur. Cet itinéraire hors du commun échappe décidément aux simplifications péremptoires.

Biographie de l’auteur

Henri Godard est l’éditeur de Céline dans la  » Bibliothèque de la Pléiade  » et l’auteur notamment de Poétique de Céline (1985), de Céline scandale (1994) et du Roman modes d’emploi (2006).

Mai 2011
Sophie Mouquin et Claire Barbillon, Écrire la sculpture. De l’Antiquité à Louise Bourgeois, Paris, Citadelles & Mazenod, 2011, 512 p., environ 350 illustrations couleur.
  • Pages de Gabriele D’Annunzio, Robert Antelme, Guillaume Apollinaire, Louis Aragon, L’Arioste, Théodore de Bainville, Jules Barbey d’Aurevilly, Charles Baudelaire, Jurgis Baltrusaitis, Yves Bonnefoy, André Breton, Benvenuto Cellini, Blaise Cendrars, André Chastel, Paul Claudel, Jean Cocteau, Colette, Alphonse Daudet, Denis Diderot, Eugène Delacroix, Georges Didi-Huberman, Alexandre Dumas, Maurice Druon, Umberto Eco, Paul Éluard, Dominique Fernandez, Henri Focillon, Jean de la Fontaine, Anatole France, Sigmud Freud, Théophile Gautier, Jean Genet, André Gide, Johann Wolfgang von Goethe, Edmond et Jules de Goncourt, José Maria de Heredia, Jeanne Hersch, Homère, Victor Hugo, Joris-Karl Huysmans, Eugène Ionesco, Henry James, Tahar Ben Jelloun, Alphonse de Lamartine, Valéry Larbaud, Charles-Marie Leconte de Lisle, André Malraux, Louis Marin, Michel-Ange, Jules Michelet, John Milton, Henry Moore, Anna de Noailles, Erwin Panofsky, Charles Péguy, Charles Perrault, Pline l’Ancien, Alexandre Pouchkine, Ezra Pound, Marcel Proust, Antoine Chrysostome Quatremère de Quincy, Quintilien, Aloïs Riegl, Rainer Maria Rilke, Auguste Rodin, Pierre de Ronsard, Jean-Baptiste Rousseau, marquis de Sade, Charles Augustin Sainte-Beuve, George Sand, Jean-Paul Sartre, Louise-Germaine de Staël, Stendhal, André Suarès, Paul Valéry, Giorgio Vasari, Alfred de Vigny, Virgile, Ambroise Vollard, Voltaire, Johann Joachim Winckelmann, Rudolf Wittkower, Heinrich Wolfflin, Marguerite Yourcenar, Émile Zola.

Présentation sur fabula.org.

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Présentation de l’éditeur
512 pages reliées semi toilé sous coffret illustré. Format : 29 x 35 cm. Environ 350 illustrations couleur.
Alors que la peinture suscita la création d un genre littéraire, l ekphrasis, et donna naissance à certaines des plus belles pages de la littérature, la sculpture peut laisser penser qu elle entretient des rapports complexes et plus rares avec l écriture. Pourtant, lorsque Victor Hugo faisait dire au Jupiter de Phidias : « L angle de mon sourcil touche à l axe du monde », il changeait le regard sur l uvre muette. Et David d Angers, le plus grand sculpteur du début du XIXe siècle, considère son art comme une « écriture monumentale », alors que Bourdelle parle de « petit livre de marbre »…Ainsi les figures nées sous le ciseau des plus habiles sculpteurs ont parfois suscité de belles productions littéraires. De grands écrivains romanciers ou essayistes (Montesquieu, Hippolyte Taine, Stendhal, George Sand, Émile Zola) ; de savoureux poètes (Pierre de Ronsard, Boileau, La Fontaine, Philippe d Arbaud, Philippe de Massa, Alphonse de Lamartine), de remarquables narrateurs (Jérôme de Lalande, Louis Liger, Dezallier d’Argenville, comte de Caylus, Charles-Nicolas Cochin) ou critiques (Francesco Milizia, Abbé Dubos, Denis Diderot, Quatremère de Quincy, Winckelmann) et même des artistes eux-mêmes (Benvenutto Cellini, Henry Moore) se sont essayés à faire revivre, sous leur plume, la vibration de la pierre, la qualité peaussière, la vie qui jaillit du bloc.
Plus méconnus que ceux consacrés à la peinture, mais non moins passionnant, ce sont ces extraits des plus belles pages de la littérature, consacrées aux plus belles réalisations de la sculpture qui sont ici présentées et réunies pour la première fois.

Biographie de l’auteur

Sophie Mouquin est maître de Conférences en Histoire de l art moderne à l Université Charles de Gaulle Lille III. Lauréate en 2004 du Prix Nicole (CFHA) puis de la bourse Focillon (CFHA et Yale University) en 2007, elle est l auteur d ouvrages sur l ébéniste Pierre IV Migeon, 1696-1758 (2001), sur le Style Louis XV (2003) mais aussi d articles sur les marbres de la Couronne.
Claire Barbillon est maître de conférences à l université de Paris- Ouest Nanterre La Défense et directrice des études de l Ecole du Louvre. Spécialiste de l histoire de la sculpture du XIXe siècle, elle est l auteur des Canons du corps humain au XIXe siècle. L art et la règle (2004), et a contribué au catalogue de l exposition Oublier Rodin ? La sculpture à Paris 1905-1914 (2009) ainsi qu à l ouvrage La Mémoire à l oeuvre. Les archives Antoine Bourdelle (2009).

Février 2011.
Thierry CABOT, La blessure des mots. Poèmes, Montréal, ELP éditeur, 2011. On peut télécharger le texte (5 €) sur le site www.librairie.immateriel.fr.
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Description

Un puissant recueil de cent trente poèmes versifiés, ciselés. La Blessure des Mots est un exercice solidement formulé et généreux dans la forme, tout en s'avérant empreint d'une tristesse intimiste dans le fond. Vieillissement, mort, amours racornis, perte de la foi, futilité du fond des choses, modernité en capilotade, religiosité déchue, métaphysique dérisoire. On sent tous les effluves délétères du bilan de vie et de l'apposition des cachets sur une époque. Mais c'est quand même un bilan de vie qui chante, qui psalmodie, qui récite en cadence et qui voit la musique. Ce recueil cultive l'alexandrin (comme Jacques Brel dans Les Flamingants), le décasyllabique (comme Georges Brassens, dans La chasse aux papillons), l'octosyllabique (comme Raymond Lévesque dans Quand les hommes vivront d'amour), le demi-alexandrin (comme le parolier d'Édith Piaf, dans Milord) et bien d'autres formes versifiées aussi, régulières ou plus irrégulières. On y salue explicitement ses maîtres: Villon, Ronsard, Vigny, Hugo, Nerval, Baudelaire, Mallarmé, Verlaine, Rimbaud, Nelligan, Apollinaire, Valéry, Michaux et Char. Les ancêtres y sont bel et bien. Ils font puissamment sentir leur présence, à chaque page. C'est triste, c'est cuisant, c'est grandiose.

 


Octobre 2010.
 
Joël LOEHR, Les grandes notions littéraires, Dijon, Presses Universitaires de Dijon, 2010. Site des Editions universitaires de Dijon.
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Présentation

Qu’est-ce que l’échange littéraire ? Comment le concevoir sans une réflexion sur l’auteur, le lecteur, le personnage, la fiction, le genre ? Florilège pour une fascination de la fin, au siècle dernier : « La naissance du lecteur doit se payer de la mort de l’auteur », décrétait Barthes ; « Nous en a-t-on assez parlé, du ‘personnage' ! » s’exclamait Robbe-Grillet ; « Pour que l’art moderne naisse, il faut que l’art de la fiction finisse », déclarait Malraux ; « Seul importe le livre, tel qu’il est, loin des genres », proclamait Blanchot. Comment en est-on arrivé là ? Où en est-on aujourd’hui ? Une histoire des grandes notions littéraires est ici retracée, des définitions sont reprises et des usages se trouvent proposés.