art. 72, janvier 2010 • Claude Pillet : «Malraux, arpenteur des neuf plis du Kunlun Shan. Le chapitre chinois des “Antimémoires”» (INEDIT)

 
La Voie qui peut s’énoncer 
n’est pas la Voie pour toujours.
(Daodejing, § 1.)

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Les données factuelles

 

Le 22 juin 1965, Malraux et Beuret prennent place à bord du Cambodge. Relevant de la Compagnie des Messageries maritimes, le navire est affecté à la ligne d’Extrême-Orient (comme le Vietnam et le Laos). Le rapport de son capitaine Gaude affirme très précisément  que Malraux embarque pour Hong Kong. Les escales commencent par Port-Saïd, le 26 juin, d’où Malraux et Albert Beuret se rendent au Caire pendant que le bateau traverse le canal de Suez. Malraux visite le musée national et le plateau de Guizeh. Au musée, affirme Beuret, l’écrivain éprouve une telle émotion qu’il renonce immédiatement au chantier des Grandes Voix (un volume avait paru en 1965 sous le titre Le Musée imaginaire), pour rédiger ses Antimémoires.

Après l’Egypte, les étapes se succèdent avec la régularité d’un horaire : Aden (30 juin), Karachi (4 juillet), Bombay (le 6), Colombo (les 8 et 9 juillet). Cependant, le 13 juillet, un accident de navigation (qui n’a rien de fictif comme semble le suggérer Clara Malraux) contraindra le Cambodge à différer son escale vietnamienne. A l'aube de ce jour-là, en effet, le navire est éperonné par le pétrolier Krebsia non loin de la petite île singapourienne de Peak Island. Les réparations nécessaires à la sécurité du paquebot dureront un mois pendant lequel le navire est immobilisé à Singapour. Le 9 août le Cambodge appareillera pour Saigon, mais renoncera à Hong Kong et à Kobé, pour revenir à son port d’attache, Marseille, le 1er septembre.

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