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|e-cahiers littéraires, article n° 4, décembre 2017
Walid Saket
Docteur en Littérature et Civilisation Françaises
Diplômé de L’université de Clermont (Auvergne) de France
Université Jendouba, Tunisie
Revue malraux.org et la rubrique e- cahiers littéraires
La représentation de la forêt chez Chateaubriand : De la traversée à la rencontre du sublime et du sacré
Inédit
Introduction :
Etudier la représentation de la forêt chez Chateaubriand, c'est essayer de dégager la façon particulière que celui-ci adopte pour aborder ce motif littéraire consubstantiel à son œuvre. Cette représentation s'inscrit dans une conception typiquement romantique percevant la Nature comme un espace mystique à la fois pur et purificateur voire un lieu dans lequel l'artiste romantique notamment le poète peut retrouver son harmonie et son équilibre perdues dans le marécage des villes modernes :« La Nature n'a de sens que comme l'antithèse vivante du système social. Elle n'est affectivement ou symboliquement valable qu'en état de virginité et de liberté native. »[1]disait le critique Le Scanff
Cette citation nous met au cœur de la pensée de Chateaubriand de la nature conçue comme un espace vierge où son âme de poète s'épanouit en en épousant les mystères et en en savourant les délices. Chateaubriand, en tant qu'artiste romantique , grand amateur de la nature trouve dans la forêt tout ce qui satisfait son goût du Nouveau et du singulier .Ainsi, l'évoque –t-il comme un parcours initiatique allant de la traversée exploratrice à la révélation du sacré. La contemplation de l'aspect sublime de ce spectacle naturel déchaîne la parole poétique et la rend apte à en traduire la beauté et le mystère se cachant dans ses profondeurs .Non loin de Rousseau, Chateaubriand, a un engouement nostalgique pour la nature primitive perçue comme l'unique espace de la splendeur et de la pureté virginale .Notre analyse traitera de cette conception singulière qu'a cet artiste de l'espace naturel. Nous évoquerons dans un premier temps le concept de « La traversée de la forêt » tel qu'il est exprimé dans son œuvre Voyage en Amérique. Nous essayerons de démontrer, dans un second temps, dans quelle mesure la forêt représente-t-elle pour lui un espace favorisant un retour aux sources du langage primitif et renouvelé. Ensuite, nous expliquerons comment pour Chateaubriand, la nature est-elle conçue comme un espace propice à l'évasion et à la rêverie. Enfin, dans notre dernière partie nous verrons comment la forêt, plus particulièrement, devient-elle le lieu de la révélation du Sacré. Nous tenterons de suivre l'itinéraire qu'adopte Chateaubriand à ce sujet allant de la simple contemplation c'est-à-dire de la simple observation déclenchée par « la traversée des forêts mystérieuses et sauvages » de l'Amérique à la méditation réflexive selon quoi celles-ci se transforment en un parcours favorisant la quête de la vérité.
[1]– Yvon Le Scanff, Le paysage romantique et l'expérience du sublime, Editions Champ Vallon (30 août 2007) p .66.
[2] –François-René Chateaubriand (vicomte de) , Œuvres complètes de M.le vicomte de Chateaubriand: Voyages,Volume 6 de Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand,Editeur Lefèvre 1831, p.59.
[4]-Ibid. p.60.

