Image of Art. 267, janvier 2021 | document • Olivier Germain-Thomas : « De Gaulle a-t-il sauvé Malraux du suicide ? » (2001)

3 août 1965

Art. 267, janvier 2021 | document • Olivier Germain-Thomas : « De Gaulle a-t-il sauvé Malraux du suicide ? » (2001)

Au début de 1965, Malraux ne va pas bien. Le ministre d'Etat chargé de la Culture est las de son ministère qu'il trouve trop étroit pour y déployer ses ailes, l'écrivain ne se sent appelé par aucune œuvre ; l'homme, qui a perdu ses deux fils en 1961, est en passe de se séparer de sa femme Madeleine. La composition musicale qu'il avait commandée à Olivier Messiaen : Et expecto resurrectionem mortuorum, dont la première avait été donnée à la Sainte-Chapelle, résonnait-elle encore en lui ? Un soir de printemps, dans son bureau rue de Valois, après avoir informé ses collaborateurs qu'il compte repartir en Extrême-Orient, il tend à l'un d'entre eux, Bernard Anthonioz, mari de Geneviève de Gaulle, Récit secret, le livre de Drieu la Rochelle sur le suicide. Le message semble clair. Anthonioz en parle à Etienne Burin des Roziers, alors secrétaire général de l'Elysée, qui aime et comprend Malraux, ce qui n'est pas si fréquent autour de De Gaulle. Burin des Roziers décide alors de l'informer de l'état moral de Malraux. Il évoque l'éventualité d'un suicide. De Gaulle prend le temps de réfléchir. Puis il fait savoir à Malraux son souhait qu'il rencontre les responsables chinois (la France avait reconnu les autorités de Pékin en janvier l964) et particulièrement Mao Zedong afin de développer les liens entre la France et la Chine. Il demande que ni le Premier ministre (Georges Pompidou) ni le ministre des Affaires étrangères (Maurice Couve de Murville) ne soient informés de cette mission avant l'arrivée de Malraux en Chine.

 

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